
ce soir, dans ... 10 minutes exactement, je vais devoir partir a la piscine. c'est dommage, car monsieur au téléphone revient théoriquement a 20h de chez sa copine, et je ne pourrai donc pas lui parler, car bien sur, je me doute fortement qu'il partira vers 20h30 voir ses amis. je réalise encore mal comment on peut se prétendre seul quand on a pleins de potes avec qui parler tout le temps et une petite amie. mais bon. je dois etre bizarre. et puis la darktitude de monsieur au téléphone fait de lui un etre tellement a part qu'il vaut mieux ne pas le juger.
je suis en train de manger une pomme... manger pour faire passer le temps. j'ai aussi chouré deux tranches de salami dans le frigo tout a l'heure ( en allant chercher la pomme).
Je me sens seule, fatiguée d'etre là. la bac est dans deux jours, mais je n'y pense meme pas... ca n'existe pas. plus rien ne compte a part... a part je ne sais pas.
J'en ai assez qu'on me reproche d'etre ce que je suis, qu'on me montre ce que je ne suis pas. j'en ai assez d'etre un jouet, une poupée meme pas cassée, j'en ai assez d'etre percue ainsi. je voudrai changer mais je n'y arrive pas. je vous hais pour ca.
c'est vous qui avez fait de moi ce que je suis. je vous exècre.
je pense a monsieur au téléphone. je me demande a quio ca rime tout ca, a rien surement. je me dis que je ferai mieux de tout abandonner, de tout laisser. ne plus décrocher quand il m'appelle, ne plus me connecter sur msn. que ma seule trace de vie virtuelle soit ce blog. mais je ne peux pas. on ne peut jamais tout arreter. c'est ainsi...
je me hais, aussi. tout a l'heure, dans la rue, un ouvrier m'a dit bonjour - bon, en fait en gros, il a fait ouhouuuu trois quatres fois pour que je tourne la tete et m'a fait un grand sourire tout heureux en agitant la main. - je me demande ce qu'il voulait. enfin, c'est pas la première fois que des ouvriers me sifflent ou autre vers la place de la liberté. mais celui là je crois que c'est celui qui m'a accosté le plus de fois. s'il savait ce que je suis vraiment - et s'il m'avait un peu mieux regardé aussi - il ficherait le camp aussi vite qu'il pourrait. je suis un monstre, physiquement et mentalement, une créature si méprisable qu'elle ne mérite meme pas d'etre regardée, d'etre vue. d'etre entourée. qu'on lui parle. je suis un etre qui est là pour les autres, en permanence, un etre qui n'existe pas vraiment. mais paradoxalement, je suis un etre emprunt d'égoisme. d'envies. je suis une petite chose pitoyable qui aimerait bien etre, mais qui n'est pas. la preuve, on me préfère toujours quelqu'un.
pourtant parfois, j'ai l'impression... que... peut etre, quelqu'un, monsieur au téléphone, ( surtout ) mais non... c'est... c'était pas ca, c'était mon cerveau déréglé qui imaginait. la preuve. la preuve...
il doit etre dans le train maintenant... il doit etre en train de rentrer chez lui... et moi je vais partir dans deux minutes. il a du passer une bonne journée... c'est important qu'il passe une bonne journée hein? c'est bien plus important que mes état d'ames et je le sais! c'est normal. et puis, j'ai toujours mes reves avec moi, qui ne me quittent pas. des fois ils s'abiment, mais je les redorent vite parce que sinon je ne pourrai plus rien faire, déjà que je ne peux plus faire grand chose.
sur ce la piscine m'attends...
je n'ai aucune envie d'y aller pourtant.
