Mardi 5 juillet 2005
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les gens... vaste sujet..
je suis allée ce matin rendre mes livres.... a 8h30, j'étais devant la salle; je n'avais pas envie de voir la populace, et effectivement il n'y avait pratiquement personne. mais j'avais oublié chez moi un livre! bien sur, grey, fidèle a sa réputation... qu'il en eut été autrement aurait tenu du miracle. je du donc remonter vers 10h30 a st marie avec mon livre de littérature. je tombai sur quelques personnes connues, mais personne n'essaya d'entamer une discussion avec moi ( en fait, certains auraient bien eu envie, mais je m'éclipsai rapidement ). je redesencdis vers le centre, mais en chemin, décidai de faire un détour par les rues piétonnes, puis par le marché.
alors que je traversai la rue vers l'hopital, je vis 3 flics ; magnifiques rangers! je les observai quelques instants, faisant mine de patienter pour traverser. puis je descendis vers mon ancienne école st anne st pierre. chaque fois que je passe devant, j'ai comme un sursaut de souvenirs ; quand on courrait dans la cours avec violaine, ma meilleure et seule amie de l'époque... le voyage de fin d'année a disneyland ou je m'étais perdue ( comme quoi, ma connerie ne date pas d'hier ).. et bien d'autres choses plus ou moins ( surtout moins ) réjouissantes. st anne m'a laissé un gout amer.
je dépasse le batiment et une femme me croise : elle a un jean, un pull fin multicolore, de vieilles baskets, ses cheveux sont attachés lachement en queue de cheval et tombent jusqu'à la moitié de son dos. comment peut on changer a ce point? il y a quelques mois de cela, je ne l'aurai meme pas remarquée. maintenant, elle semble pour moi un canon de beauté indescriptible : elle Est mais elle n'Est pas. je ne comprends pas vraiment cela. elle se font dans la masse par des vetements plutot commun, et pourtant, quelque chose fait que, pour moi, elle ressort de la masse. son visage? elle avait des yeux marrons, pas de maquillage bien sur. des traits assez réguliers et quelques rides. elle tenait sous le bras une baguette de pain qui sentait bon, et tenait un cabas dans l'autre main.
les rues piétonnes. peu d'agitation... je passe devant le bar ou il y a le piano. chaque fois que je passe devant , je regarde le meuble en bois qui me donne toujours l'impression d'attendre qu'on lui donne vie. il doit etre complètement désaccordé... le pauvre. les gens me croisent, me regardent machinalement ou ne me voient pas. j'observe leurs visages. leurs vetements. ainsi, vu de l'extérieur, ils me semblent beaux. je les regarde de manière totalement neutre, en appréciant les traits de leurs visages, leurs expressions. qui pourrait croire que ces etres sont foncièrement mauvais? en fait, l'etre séparé des autres, est peut etre meilleur que lorsqu'il est avec ses semblables. mais etre seul c'est tout de meme etre avec les autres puisque leur influence est toujours là. non, les humains sont définitivement pourris. mais quand on ne s'attache qu'a leurs apparence, quand on oublie tout leur mental... là, ils semblent beaux. c'est un peu comme des chiens. on les regarde a travers la vitrine du vendeur animalier et on ne voit d'eux que l'enveloppe, que la fourrure, que les mimiques. on ne peut pas savoir si le chien est gentil, effectueux, méchant, enragé. on ne fait que le contempler. c'est un peu ca, avec les humains.
j'arrive au marché a proprement parler. là, il y a plus de monde. je me sens en dehors mais en dedans en meme temps : malgré ma grande taille, personne ne me remarque -a part quelques hommes. - ils sont tous là, ils parlent, se promènent : les femmes chaussées d'espèces de chaussures a hauts talons et pointues au bout poussent devant elles de lourdes poussette où, au milieu des carottes et des cageots de pêches, un enfant dort ou pleure. un étal de tissus, des femmes arabes discutent entre elles de la matière, de la couleurs. je comprends quelques mots, voisins de l'hébreux; je regarde ces filles si jeune, 10-12 ans, qui portent des bébés presque aussi grands qu'elles. je vois ces femmes rondes et lourdes qui s'apostrophent en parlent avec les mains, il y a de tout, de l'algérien, du kabyl, du turc... je reconnais quelques sonorités. je ne m'arrete pas, mon regard se fixe un instant sur un jeune homme, il m'a vu me regarde aussi. dans ses yeux bleus-verts je lis l'interrogation, je vois qu'il me détaille... qu'est ce qu'il doit penser de mon nez? je me suis encore arraché la peau hier, la chair est a moitié a vif. comparé au reste de mon visage plutot blanc, mon appendice est constellé de plaques rouges vifs.
je passe dans la partie " nourriture " du marché. un vrai régal! si j'ai un grand nez, c'est proportionnel a mon odorat. les odeurs des pastèques et du poulet roti se melent. quand j'étais petite, j'adorai le poulet roti. ca fait une éternité que je n'en ai pas mangé. dans cette aprtie du marché, les femmes portent 3 , 4 caisses de fruits les unes sur les autres, perchés sur leurs talons aiguilles ou trainant les pieds dans de délicates savates brodées. je me demande comment elles peuvent faire pour marcher avec des trucs pareils aux pieds.
je réalise autre chose en regardant cette foule devant moi : le marché est un des seuls moments et un des seuls lieux ou la " discrimination" et les " ghettos " n'existent plus. d'habitude, il y a d'un coté plaisance, la rue des trois frères, et la rive : les quartiers où sont parqués les weshs. trafics que shit, voitures qui flambent parfois,... et puis de l'autre coté il y a le reste de la ville, ou les bons francais vivent heureux. et chacun reste chez soi. mais dans le marché," les limites des territoires" sont abolies ; francaises " de souche " en tailleur chanel et mamas algériennes voilées et entourées de leurs enfants font la queue l'une a coté de l'autre. meme si les francaises achèteront plus chez le maraicher et les immigrées chez les stands tenus par leurs confrères.
moi qui étais resté cloitrée chez moi depuis plus d'une semaine et demie... voir tout ce monde m'a fait un drole d'effet. mais je préfère ma solitude a la foule. quoique avoir observé ainsi la populace ne m'a pas déplu...
comment croire que ce sont ces etres qui condament des gens tels que moi?
j'avais l'impression d'etre dans la masse mais d'etre en dehors...
étrange experience.
